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Les Coulisses des Aurores Polaires — 3/8 : Le Soleil (1/2) — taches et éruptions

May 6, 2025

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Sans entrer dans les détails internes de notre Soleil, trois zones proches de la surface sont intéressantes :

  • la photosphère, une région de 800 km d'épaisseur à la surface du Soleil d'où nous provient la lumière
  • la chromosphère, une fine couche de gaz au-dessus de la surface
  • la couronne, que nous avons déjà rencontrée, qui s'étend sur plusieurs millions de kilomètres

Le cycle solaire de 11 ans

L'activité du Soleil varie et passe par un minimum et un maximum durant un cycle de 11 ans. Ce cycle s'est identifié en premier par le nombre de taches sombres observées sur le Soleil (plusieurs centaines pendant les maxima, parfois aucune pendant les minima). Une activité élevée est souvent accompagnée de plus d'éruptions solaires.

Les taches solaires

Les taches solaires sont des zones qui ont une température plus basse que le reste de la surface (elles apparaissent donc plus sombres). Elles sont plus fraîches que leur environnement car le champ magnétique très intense qui s'y trouve empêche la chaleur de l'intérieur du Soleil d'atteindre la surface. Elles se forment souvent en paires avec des champs magnétiques opposés.

Chaque tache solaire a une partie centrale sombre appelée umbra, entourée d'une région plus claire appelée penumbra. Elles ont des dimensions comparables à celles de la Terre.

Tache solaire montrant l'umbra centrale sombre et la penumbra environnante

Les éruptions chromosphériques

Les éruptions (chromosphériques) solaires sont des phénomènes liés aux taches solaires. De façon simplifiée, on peut les expliquer comme des bulles de champ magnétique qui subissent une reconnexion magnétique à leur base et sont éjectées. Elles sont accompagnées de puissantes émissions UV et X.

Elles sont classées en cinq catégories selon leur intensité de rayonnement X (en W/m²) :

| Classe | Intensité | Remarque | |--------|-----------|----------| | A | ≥ 10⁻⁸ W/m² | Très faible | | B | ≥ 10⁻⁷ W/m² | Faible | | C | ≥ 10⁻⁶ W/m² | Modérée | | M | ≥ 10⁻⁵ W/m² | Forte | | X | ≥ 10⁻⁴ W/m² | Extrême |

Chaque classe est dix fois plus puissante que la précédente. À l'intérieur de chaque classe, les éruptions sont classées de 1 à 10 de façon linéaire (une X2 est deux fois plus puissante qu'une X1). Pour les éruptions dépassant X10, les chercheurs continuent simplement d'utiliser la notation X — comme X28 pour les éruptions extraordinaires de novembre 2003.

Éruption solaire : boucle de champ magnétique s'éjectant depuis la surface du Soleil

Dans le prochain épisode, nous aborderons les éjections de masse coronale (CME), qui sont les phénomènes les plus dangereux pour nos technologies.